Bonjour LeDocta, je voulais savoir exactement comment gérer une personne victime d’un accident et qui présente une fracture.

Clément, Moto-taximan à Douala (Cameroun)

L’avenir d’une fracture dépend des premiers soins ou des premiers secours.

En général, la vie du blessé n’est jamais menacée, mais elle peut l’être par des gestes maladroits.

Que faire  devant cet accidenté?

  • Empêchez-le de se relever, de remuer le membre atteint ;
  • Ne le déplacez (sauf cas de danger imminent : incendie, éjection sur la route, par exemple) qu’après avoir immobilisé la fracture ;
  • Manipulez-le toujours très délicatement et prenez votre temps, car ce n’est pas en général une urgence absolue ;

Pourquoi ces prescriptions ?

  • Parce que toute manœuvre un peu rude fait souffrir la victime, facilite l’apparition ou aggrave l’état de choc ;
  • Parce que, à la suite d’un mouvement maladroit, les morceaux de l’os brisé peuvent venir embrocher un organe, un vaisseau ou un nerf (fracture compliquée) ou transpercer la peau (fracture ouverte, dont le grand danger est l’infection) ;

 

L’immobilisation supprime ces risques, mais la méthode à prévoir pour sa réalisation varie selon la localisation de la fracture.

Dans certains cas, le Secouriste se limitera :

  • à caler une partie du corps ;
  • à donner un point d’appui à un membre sain ;
  • à solidariser une jambe blessée contre la jambe saine ;
  • à plaquer fortement le membre supérieur contre la poitrine.

 

Mais rappeler-vous toujours qu’avant de l’immobiliser, il faut :

  • Prévenir l’apparition d’un état de choc ou lutter contre celui-ci s’il est déjà installé ;
  • Et, s’il s’agit en plus d’une fracture ouverte :
  • Ne pas nettoyer la plaie, mais seulement arrêter le saignement et emballer
  • Et surtout, ne jamais essayer de remettre en place les bouts d’os apparents ou sortant de la plaie ni de redresser une angulation importante.

 LES ATTELLES

 Le but de l’immobilisation est de fournir à l’os brisé un tuteur pour l’empêcher de bouger. En général, ce tuteur sera (pour les membres) fait d’une ou plusieurs Attelles.

ATTELLES IMPROVISÉES

Si vous n’avez pas d’attelles toutes prêtes sous la main, vous serez obligé d’en improviser. Vous pourrez alors utiliser une quantité d’objet : canne, bâtons, piquets, manches de balais, gouttières, carton ondulé roulé, revues ou journaux très serrés, etc…

-Ces attelles sont souvent dures, pour ne pas blesser d’avantage la victime, il faudra les rembourrer avec du linge, du coton.

-La longueur de l’attelle doit permettre d’immobiliser non seulement l’os fracturé mais aussi les articulations sus et sous-jacentes : par exemple : pour une jambe, elle doit monter jusqu’au genou et descendre jusqu’à la cheville.

-Une fois rembourrées, placez les attelles à même la peau ou contre les vêtements. Fixez-les ensuite avec des bandes de toile ou tout autre lien improvisé (cordes, mouchoirs, cravates…).

-Placez ces liens de part et d’autre de la fracture, jamais sur elle. Nouez-les sur les attelles et non sur le membre ;

-Comblez les creux, entre membre et attelles, avec des linges, du coton, etc…

-La mise en place des attelles oblige, malgré tout, à remuer le blessé ou le membre. Pour éviter les douleurs, il faut tirer prudemment sur le membre, suivant son axe ; en tenant soit le poignet, soit le pied ; cette traction évite, dans la mesure du possible, le contact ou le frottement douloureux des fragments osseux, comme elle évite le fléchissement au niveau de la fracture.

 

Vous ne pratiquerez cette manœuvre que si vous êtes un Secouriste confirmé, sinon, il vaudra mieux vous abstenir.

 Opérer toujours avec la plus grande douceur pour ne pas faire souffrir la victime.

Si la douleur est trop importante, insupportable aux dires du blessé, vous pouvez essayer de la calmer en posant sur la région blessée des compresses d’eau froide ou une vessie de glace ; cela peut aussi diminuer l’enflure locale (œdème).

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